Message du recteur (jeudi de l’Ascension)

ASCENSION de NOTRE SEIGNEUR, DIEU et SAUVEUR JESUS CHRIST

Jeudi 21 mai 2020

Mes chers Amis,

le Christ est ressuscité ! En vérité, il est ressuscité !

Dans sa générosité, Dieu déploie pour nous le mystère de notre salut, avec nous. Pas sans nous.

Notre génération a été appelée de façon particulière en ces temps-ci à rejoindre les tout premiers amis du Seigneur Jésus Christ dans l’intimité du confinement provoqué par la crainte des autorités juives comme du virus, oui. Mais il y a surtout eu pour les disciples 40 jours d’enseignement par le Christ. Si on se rappelle l’effet qu’a produit sur les « disciples d’Emmaüs » les quelques heures pendant lesquelles Jésus sorti du tombeau leur expliquait dans toutes les Ecritures ce qui le concernait (Luc 24,13), on peut imaginer ce que 40 jours ont pu produire (Acts 1,1-11). Et comment ils se sont mis à prier en vue d’accueillir la force du Saint Esprit promise par Jésus et qu’ils allaient recevoir (Acts 1,8).

Et nous, qu’avons-nous fait, que faisons-nous, de ce temps de confinement ?

Nous, nous avons été secoués par l’ambiance alarmiste officielle ou « complotiste » et par la paralysie de plusieurs de nos pays. Certains d’entre nous ont été très malades et sont encore fatigués. D’autres ont perdu la vie dans la solitude ; des êtres chers sont décédés dans l’isolement alors que leurs proches ne pouvaient les rejoindre – même sans rapport avec le covid-19. Bon nombre ont perdu leur situation. Dans plusieurs pays comme l’Inde ou même le Liban, la faim ravage la vie la plus concrète d’innombrables personnes. Le personnel médical a été applaudi pour ses efforts et son attention aux malades. Des associations secourent les plus démunis. Les enseignants ont dispensé leurs cours par internet. Les professionnels qui l’ont pu ont travaillé à distance. Des musiciens ont joué de la musique magnifique pour relever le défi du sens à donner à ce temps et stimuler leur entourage grâce au net. Beaucoup se sont épuisés à travailler pour les autres ou pour survivre.

Disciples de Jésus, sa lumière et son sel dans ce monde, nous sommes-nous levés devant son icône pour confesser qu’IL EST ? Louons-nous son amour et sa bonté tellement mis à mal par les propos des maîtres à penser d’aujourd’hui ? Confessons-nous nos aveuglements et nos fautes ? Lisons-nous les saintes Ecritures pour y discerner la Parole du Dieu vivant qui s’adresse à nous chaque jour ?

Mais aujourd’hui, même dans l’inconfort de notre dispersion mais dans la beauté de notre chez nous comme de notre église, célébrons la révélation de la grâce !

Car aujourd’hui, le Seigneur Jésus est intronisé triomphalement dans son humanité-même sur le siège céleste que dans sa divinité il n’a jamais quitté.

Aujourd’hui, il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux en lui (Eph 2,6).

Aujourd’hui, il implore le Père de faire jaillir l’eau vive de son Esprit saint pour qu’il nous régénère et nous rende capables de participer à sa vie.

Dès aujourd’hui, faisons corps avec lui et montons à la rencontre de notre Père sur sa montagne sainte !

Nous qui avons développé une faim de l’Eucharistie à la table de la chambre haute de Sion, supplions humblement notre Dieu de la chambre haute de nos foyers, de nous être miséricordieux et qu’à la prière de son Fils unique il veuille bien renouveler le don de son très saint Esprit.

JEUDI DE L’ASCENSION

Ce mercredi 20 est le dernier jour de la période de la Résurrection au sens étroit de la commémoration de la Résurrection du Seigneur, sans laquelle notre foi en lui est vaine. Mais la fête pascale continue avec la commémoration des bienfaits entraînés par son Ascension et bientôt la Pentecôte.

Vous pouvez disposer des éléments ci-dessous comme vous l’entendez, en fonction du temps dont vous disposez, des âges, etc.

Traduction : p. Denis Guillaume

OFFICE

Pour commencer, le chef de famille se tient debout et dit après un instant de silence:

Par les prières de nos saints pères, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

Puis on récite :

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

Très sainte Trinité, aie pitié de nous.
Seigneur, remets nos péchés.
Maître, pardonne-nous nos iniquités.
Saint, visite-nous et guéris nos infirmités, à cause de ton Nom.

Kyrie eleison. (3 fois) Gloire au Père…

Ensemble :

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé,
et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Malin.

Kyrie eleison. (12 fois) Gloire au Père… Et maintenant…

Stichères

ton 6 Le Seigneur est monté vers les cieux / pour envoyer au monde le Paraclet, / son trône est préparé dans le ciel ; / les nuages lui servent de marchepied, / les Anges s’étonnent de voir un homme au-dessus d’eux, / le Père accueille celui qui demeure éternellement dans son sein ; / l’Esprit ordonne par ses messagers : / Portes, levez vos frontons, / tous les peuples, battez des mains, / car le Christ est monté là où d’abord il était.

Sur la montagne sainte contemplant, / ô Christ, ton exaltation, / de ton visage, Reflet de la splendeur paternelle, / nous chantons l’aspect lumineux ; / nous prosternant devant ta Passion / et vénérant ta sainte Résurrection, / nous glorifions ton Ascension ; prends pitié de nous.

Seigneur, lorsque les Apôtres t’ont vu / enlevé au-dessus des nuées, / le cœur rempli de larmes et de chagrin, / ô Christ source-de-vie, ils te dirent en pleurant : / Maître, ne laisse pas orphelins / les serviteurs que tu aimas d’un tendre amour ; / mais, comme tu nous l’as promis, / envoie sur nous ton saint Esprit, / pour qu’il fasse briller sur nos âmes ta clarté.

Seigneur, ayant accompli le mystère du salut, / tu pris tes Disciples avec toi, / pour les mener sur le mont des Oliviers ; / et tu gravis le firmament du ciel ; / Seigneur qui pour moi t’es appauvri / jusqu’à revêtir mon humanité / et qui montes vers la gloire dont tu n’étais point séparé, / envoie du ciel ton saint Esprit / pour faire briller sur nos âmes ta clarté.

Tes Anges, Seigneur, / à tes Apôtres disaient : / Hommes de Galilée, pourquoi regardez-vous ainsi vers le ciel ? / Comme vous avez vu le Christ notre Dieu / du milieu de vous s’élever jusqu’aux nues, / lui-même il reviendra pareillement. / Servez-le donc en toute justice et sainteté.

Ton 4

Lorsque sur le mont des Oliviers tu arrivas / pour achever ce que le Père avait, en sa bienveillance, décidé, / ô Christ, les Anges furent émerveillés dans les cieux, / et sous terre tremblèrent les démons ; / les Disciples étaient là, joyeux et craintifs, / lorsqu’au milieu d’eux tu leur parlais ; / un nuage attendait devant toi comme un trône préparé, / le ciel ouvrait ses portes, montrant toute sa beauté, / la terre découvrait ses abîmes pour révéler / la déchéance d’Adam et sa remontée vers toi ; / tandis qu’une invisible main t’élevait du sol, / tu prononçais des paroles de bénédiction / à haute voix, pour être entendu ; / la nuée t’emporta et le ciel s’ouvrit pour te recevoir. / Telle est, Seigneur, l’œuvre immense et inouïe / que tu as accomplie pour le salut de nos âmes.

La nature humaine déchue en Adam / jusqu’au plus profond de la terre, Seigneur, / en toi-même tu l’avais renouvelée : / en ce jour tu l’élèves au-dessus / des célestes puissances et principautés ; / l’ayant aimée, tu la fais siéger avec toi, / par compassion tu l’as unie à ton sort, / tu as partagé ses souffrances, dans cette union, / et l’as glorifiée, toi l’Impassible, par ta passion ; / mais les puissances incorporelles se disaient : / Quel est donc cet homme resplendissant ? / Il n’est pas homme seulement, il est Homme et il est Dieu, / car il possède l’apparence de tous deux ; / et des Anges, vêtus merveilleusement, / volèrent à l’entour des Apôtres en disant : / Hommes de Gaulée, de même que Jésus, / vous a quittés en homme et en Dieu, / de même, en sa divine humanité, / il viendra de nouveau / juger les vivants et les trépassés, / aux fidèles accordant pour leurs péchés / le pardon et la grande miséricorde.

Lorsque dans la gloire, ô Christ notre Dieu, / à la vue de tes Disciples tu fus élevé, / les nuées t’emportèrent avec ton corps ; / les portes s’ouvrirent dans le ciel, / le chœur des Anges, dans l’allégresse, se réjouit, / les puissances d’en-haut s’écrièrent, disant : / Portes, levez vos frontons / pour que le Roi de gloire puisse y entrer ; / quant aux disciples, saisis d’effroi, ils disaient : / Ne t’éloigne pas de nous, bon Pasteur, / mais envoie sur nous ton Esprit très-saint / comme guide et soutien de nos âmes.

Pour accomplir, Seigneur, en ta bonté, / le mystère caché de toute éternité, / tu vins avec tes Disciples au mont des Oliviers, / en compagnie de celle qui t’enfanta, / Seigneur et Créateur de tout l’univers ; / car, étant mère, elle a souffert / plus que tous en ta Passion / et mérita de goûter la suprême joie / de te voir glorifié dans ta chair ; / et nous-mêmes, prenant part à cette joie, / puisqu’en ce jour, ô Maître, tu montes au ciel, / nous glorifions ta miséricorde envers nous.

Ton 2

Selon ton bon vouloir tu fus conçu, / selon ton bon plaisir tu apparus ; / en ta chair, ô notre Dieu, tu as souffert ; / des morts tu es ressuscité, triomphant de la mort, / en gloire tu es monté vers le ciel, / toi qui remplis tout l’univers, / et tu nous envoyas le saint Esprit / pour chanter et glorifier ta divinité.

Tous les peuples, battez des mains, / acclamez Dieu en éclats de joie.

Ô Christ, lorsque tu fus enlevé / depuis le mont des Oliviers, / à cette vue, les Puissances des cieux l’une à l’autre se disaient : / Quel est celui-ci ? / Et du ciel une voix répondit : C’est le fort, le vaillant, / c’est le puissant dans les combats, le Roi de gloire, en vérité ! / – Pourquoi est-il vêtu de rouges vêtements ? / — C’est qu’il vient de Bossor, c’est-à-dire de la chair ; / lui-même, assis comme Dieu à la droite de la divine majesté, / il nous envoie le saint Esprit / pour conduire nos âmes et leur porter le salut.

Dieu monte parmi l’acclamation, / le Seigneur, aux éclats du cor.

Dans la gloire tu es monté / depuis le mont des Oliviers, / en présence de tes Disciples, ô Christ notre Dieu ; / la droite du Père tu t’assis, / toi qui remplis tout l’univers / par l’infini de ta divinité ; / et tu leur envoyas l’Esprit saint / pour que nos âmes trouvent en lui / le soutien, la lumière et la sainteté.

Dieu monte parmi l’acclamation, / le Seigneur, aux éclats du cor, / pour relever l’image déchue en Adam, / et du ciel il enverra l’Esprit consolateur, / pour que nos âmes soient sanctifiées.

Gloire au Père… Maintenant…

Sans quitter le sein paternel, / partageant sur terre notre humanité, / très-doux Jésus, tu remontes en ce jour vers le ciel / glorieusement depuis la montagne des Oliviers, / relevant par compassion notre nature déchue / pour l’asseoir à côté du Père avec toi ; / les puissances incorporelles dans les cieux, / frappées d’admiration et d’effroi, / magnifient l’amour dont tu aimes les humains ; / et nous sur terre, avec elles nous glorifions / ta condescendance envers nous / et ton Ascension en disant : / Seigneur qui remplis d’une ineffable joie, / au jour de ton Ascension, / tes Disciples et la Mère de Dieu qui t’enfanta, / donne-nous aussi, par leurs prières, la joie de tes élus / et la grande miséricorde.

Tropaire, ton 4

Dans la gloire tu t’élèves, ô Christ notre Dieu, / comblant tes Disciples de joie / par la promesse du saint Esprit, / leur donnant force et de tes mains les bénissant, / car tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur de nos âmes. (3 fois)

Cathisme, ton 5

Du ciel sur la terre descendu / pour relever divinement le genre humain / gisant au fond des geôles de l’Hadès, / par ton Ascension, ô Christ, / l’ayant fait remonter vers les cieux, / avec toi tu la fis siéger sur le trône paternel, / dans ta miséricorde et ton amour pour les hommes.

Ps 50

03 Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

04 Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.

05 Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.

06 Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.

07 Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

08 Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m’apprends la sagesse.

09 Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

10 Fais que j’entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.

11 Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.

12 Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

13 Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

14 Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.

15 Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

16 Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.

17 Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

18 Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, tu n’acceptes pas d’holocauste.

19 Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

20 Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.

21 Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Gloire au Père : Par les prières des Apôtres, / dans ta bonté, Seigneur, / efface la multitude de nos péchés.

Maintenant : Par les prières de la Mère de Dieu, / dans ta bonté, Seigneur, / efface la multitude de nos péchés.

Aie pitié de moi, ô Dieu, / en ta grande bonté, / en ton immense miséricorde, efface mon péché.

Ton 6

En ce jour les Puissances d’en-haut, / voyant notre nature dans les cieux, / S’émerveillent devant l’étrange ascension / et s’interrogent l’une l’autre, disant : / Quel est celui qui vient d’arriver ? / Mais, reconnaissant leur propre Seigneur, / elles ordonnent d’ouvrir les portes des cieux. / Avec elles sans cesse nous te chantons, / toi qui du ciel reviendras avec ta chair / comme le Juge de l’univers et le Dieu tout-puissant.

Cathisme, ton 8

Chevauchant les célestes nuées / après avoir pacifié sur terre les mortels, / tu t’élèves pour siéger sur le trône divin, / étant consubstantiel au Père et à l’Esprit ; / dans la chair tu as paru, mais demeuras sans changement / et de toutes choses tu attends l’achèvement / pour venir sur terre juger le monde entier. / Juste Juge, épargne nos âmes, Seigneur, / accordant la rémission de leurs péchés / à tes serviteurs, Dieu de tendresse.

Kondakion, ton 6

Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, / après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu, / dans la gloire, ô Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel / sans pour autant nous délaisser, / mais restant toujours parmi nous / et disant à ceux qui conservent ton amour : / Je suis toujours avec vous / et personne à jamais ne peut rien contre vous.

Ikos

Laissant à la terre les terrestres soucis, / à la poussière ce qui est fange et rebut, / venez, sortons du sommeil et portons vers le haut nos yeux et nos cœurs, / élevons aussi nos regards et nos pensées de la terre vers les portes du ciel, / comme si nous étions sur le mont des Oliviers, / les yeux fixés sur le Rédempteur emporté par la nuée ; / c’est de là que le Seigneur est parti pour le ciel, / c’est là aussi qu’aux Apôtres il distribua ses dons largement, / leur donnant force et comme un Père les consolant, / les conduisant comme des fils et leur disant : Je ne m’éloigne pas de vous ; / je suis toujours avec vous / et personne à jamais ne peut rien contre vous.

Synaxaire

Ce même jour, le Jeudi de la sixième semaine de Pâques, nous fêtons l’Ascension de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ.

À la droite du Père, ô Verbe, tu t’assois,
de tes Apôtres saints affermissant la foi.

Lorsqu’avant sa Passion le Sauveur se trouvait avec ses disciples, il leur annonça la venue de l’Esprit très-saint en disant : Il faut que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas ! Et encore : Lorsqu’il viendra, il vous enseignera toute la vérité ! C’est pourquoi, après sa résurrection d’entre les morts, pendant quarante jours, il se fit voir à eux, non pas constamment, mais de façon intermittente, mangeant et buvant avec eux, pour rendre plus certaine sa résurrection. Finalement, après les avoir longuement entretenus sur le royaume de Dieu, il leur demanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’y rester pour attendre la venue de l’Esprit très-saint, dans lequel ils devaient aussi être baptisés. Car, jusqu’alors, ils n’avaient été baptisés que par Jean (même si plus tard Épiphane de Chypre a raconté que Jean le Théologien aurait baptisé la Mère de Dieu et que Pierre, à son tour, aurait baptisé les autres Apôtres). Il les prie donc de rester à Jérusalem, afin que ce soit là que soit d’abord effectuée la prédication de la Bonne Nouvelle, de peur que, s’ils partaient vers d’autres lieux, il ne fût trop facile de les diviser. Comme des soldats, il fallait qu’ils s’exercent aux armes de l’Esprit, afin de marcher au combat contre les ennemis du Christ.

Lorsqu’arriva le moment de son ascension, il les entraîna sur la montagne des Oliviers (appelée ainsi parce qu’elle est plantée de nombreux oliviers). Les ayant entretenus de ce qu’ils devaient prêcher à son sujet jusqu’au bout de la terre et leur avoir parlé de son royaume indissoluble, celui du siècle à venir, lorsqu’il vit qu’ils allaient aussi l’interroger sur ce qu’il ne fallait pas, il fit venir auprès d’eux, alors que sa Mère immaculée était aussi présente en ce lieu, des Anges qui leur montrèrent sa montée vers les cieux. À leur vue, il fut ravi du milieu d’eux, s’élevant dans la nuée, qui le reçut. Ainsi escorté par les Anges, qui l’un à l’autre se disaient d’élever les portes des cieux et qui s’étonnaient de sa chair rougie par le sang, il monta et s’assit à la droite du Père, divinisant sa chair et, j’ose dire, la rendant semblable à Dieu, de sorte que par elle nous avons été réconciliés, absous de l’antique inimitié. Quant aux Apôtres, des anges ayant l’aspect d’hommes survinrent pour leur dire : Nommes de Gainée, pourquoi restez-vous dans l’étonnement, à regarder vers le ciel ? Ce Jésus que vous avez vu comme Dieu dans la chair, lui-même reviendra, et ce dans sa chair ; non pas de la manière pauvre et modeste qu’il avait auparavant, mais avec grande gloire, comme vous le voyez maintenant escorté par les Anges.

Alors les Apôtres, cessant de regarder, retournèrent de la montagne des Oliviers. Elle se trouve près de Jérusalem, à une distance de deux mille quarante pieds, le chemin qu’il est permis de faire un jour de sabbat. Et si la loi de Moïse permet de faire ce chemin un jour de sabbat, c’est parce que la tente du témoignage se trouvait à cette distance du camp des Hébreux. Car le sabbat, il était permis aux fidèles de s’y rendre, mais ils ne pouvaient marcher au-delà, c’est pourquoi on appels cette distance : chemin de sabbat. De là, certains ont cru que l’Ascension du Christ avait eu lieu un jour de sabbat, ce qui jusque-là était impensable.

De retour, les Apôtres montèrent à la chambre haute, dans laquelle ils demeuraient, avec les femmes myrophores et la Mère du Verbe, s’adonnant au jeûne, à la prière et l’oraison, et attendant la venue de l’Esprit très-saint, comme ils en avaient reçu la promesse.

Ô Christ notre Dieu, élevé aux cieux dans la gloire, aie pitié de nous. Amen.

Exapostilaire, ton 2

Ô Christ, tu t’es élevé dans les cieux à la vue de tes Disciples, / vers ton Père tu es remonté, partageant son trône ; / près du céleste portail les Anges venus à ta rencontre / crièrent l’un à l’autre : Élevez les portes ; / portes, levez vos frontons, pour qu’il entre, ce Prince de gloire, / car notre Roi remonte vers la Source de la lumière.

Liturgie de la Parole

Prokimen ton 7

Le Seigneur s’est élevé au-dessus des cieux, Et sa gloire s’étend sur toute la terre !

Le Seigneur s’est élevé au-dessus des cieux, Et sa gloire s’étend sur toute la terre !

Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ; je chanterai au son de la harpe dans ta gloire.

Le Seigneur s’est élevé au-dessus des cieux, Et sa gloire s’étend sur toute la terre !

Le Seigneur s’est élevé au-dessus des cieux, * Et sa gloire s’étend sur toute la terre !

Lecture des Actes des Apôtres (1, 1-12)

Mon premier livre, Théophile, je l’ai consacré à tout ce que Jésus s’est mis à faire et enseigner jusqu’au jour où, dans l’Esprit saint, ayant donné ses instructions aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel. C’est à eux qu’après sa passion il s’est montré vivant : il leur en donna maintes preuves pendant quarante jours, leur apparaissant et leur parlant du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur enjoignit de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père avait promis, « ce que, dit-il, vous m’avez entendu vous dire : que Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit saint que vous serez baptisés, sous peu de jours.» Étant donc réunis, ils lui demandaient : Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir le royaume d’Israël ? Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a fixés, en son pouvoir souverain. Mais vous allez recevoir une force, par la descente sur vous de l’Esprit saint, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, jusqu’aux bouts de la terre. Quand il eut dit cela, les apôtres le virent s’élever, puis une nuée vint le soustraire à leurs regards. Et, comme ils fixaient le ciel pendant qu’il s’en allait, voici que leur apparurent deux hommes vêtus de blanc, qui leur dirent : Hommes de Gaulée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui vous a quittés pour s’élever au ciel, reviendra de la même façon que vous l’avez vu y monter ! Alors, depuis le mont des Oliviers, qu’un chemin de sabbat sépare de la cité, ils s’en retournèrent à Jérusalem.

Ps 46,6.2

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

Tous les peuples, battez des mains ; acclamez Dieu en éclats de joie !

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

Dieu est monté parmi l’acclamation, le Seigneur aux éclats du cor.

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

Saint EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON LUC (23,36-53)

36 Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »

37 Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.

38 Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?

39 Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »

40 Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.

41 Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »

42 Ils lui présentèrent une part de poisson grillé

43 qu’il prit et mangea devant eux.

44 Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »

45 Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.

46 Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,

47 et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.

48 À vous d’en être les témoins.

49 Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »

50 Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.

51 Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.

52 Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.

  1. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

*Vous pouvez faire une pause et partager ce que Dieu pourrait inspirer dans sa Parole.

Pour conclure

Les hommes de Galilée, / te voyant monter avec ton corps, / ô Verbe, depuis le mont des Oliviers, / entendirent les Anges leur crier : / Pourquoi restez-vous à regarder ? / Avec sa chair il reviendra / comme vous l’avez vu s’élever.

Gloire au Père… Maintenant, ton 2

Selon ton bon vouloir tu fus conçu, / selon ton bon plaisir tu apparus ; / en ta chair, ô notre Dieu, tu as souffert ; / des morts tu es ressuscité, triomphant de la mort, / en gloire tu es monté vers le ciel, / toi qui remplis tout l’univers, / et tu nous envoyas le saint Esprit / pour chanter et glorifier ta divinité.

Louange de la Grande Doxologie

Gloire à toi qui nous as montré la lumière.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre,
bienveillance parmi les hommes.
Nous te chantons, nous te bénissons, nous t’adorons,
nous te glorifions, nous te rendons grâce pour ta grande gloire.
Seigneur, Roi céleste, Dieu et Père tout-puissant ;
Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, et Saint-Esprit ;
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père,
Toi qui ôtes le péché du monde, aie pitié de nous ;
Toi qui ôtes les péchés monde, reçois notre prière ;
Toi qui sièges à la droite du Père, aie pitié de nous.
Car tu es le seul Saint, le seul Seigneur,
Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père. Amen.

Chaque jour je te bénirai et louerai ton Nom dans les siècles des siècles.
Daigne, Seigneur, nous garder ce jour sans péché.
Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères,
et ton Nom est loué et glorifié dans les siècles. Amen.

Que ta miséricorde, Seigneur, soit sur nous,
comme nous avons espéré en toi.
Tu es béni, Seigneur, enseigne-moi tes jugements. (3 fois)

Seigneur, tu as été pour nous un refuge d’âge en âge.
J’ai dit Seigneur, aie pitié de moi,
guéris mon âme, car j’ai péché contre toi.
Seigneur, je me suis réfugié auprès de toi,
enseigne-moi à faire ta volonté, car tu es mon Dieu.
Car auprès de toi est la source de la vie,
dans ta lumière nous verrons la lumière.
Étends ta miséricorde sur ceux qui te connaissent.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Immortel, aie pitié de nous.
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Tropaire, ton 4

Dans la gloire tu t’élèves, ô Christ notre Dieu, / comblant tes Disciples de joie / par la promesse du saint Esprit, / leur donnant force et de tes mains les bénissant, / car tu es le Fils de Dieu, le rédempteur du monde.

Gloire au Père… Maintenant…

Kondakion, ton 6

Ayant accompli en notre faveur ton œuvre de salut, / après avoir uni les cieux et la terre et les hommes avec Dieu, / dans la gloire, ô Christ notre Dieu, tu montas vers le ciel / sans pour autant nous délaisser, / mais restant toujours parmi nous / et disant à ceux qui conservent ton amour : / Je suis toujours avec vous / et personne à jamais ne peut rien contre vous.

Prière du matin à réciter ensemble la tête inclinée:
Seigneur très-saint, toi qui habites les hauteurs, et te penches vers ce qui est humble ; de ton regard partout présent, tu veilles sur toute créature. Nous nous inclinons, âme et corps, devant toi, et nous t’implorons : ô Saint des saints, de ta sainte demeure, étends ta main que nul ne peut voir, et donne à tous ta bénédiction. Et tous les péchés que nous avons commis de plein gré ou sans le vouloir, pardonne-les-nous, en ta bonté et ton amour des hommes, et accorde-nous tes biens terrestres et célestes. Car il t’appartient de nous faire miséricorde et de nous sauver, ô Christ notre Dieu, et nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Pour finir :

Par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus Christ, notre Dieu, aie pitié de nous.

Bonne fête !

P.Emmanuel