Message du recteur (dimanche 17 mai)

Dimanche de l’Aveugle-né

Chers Amis,

le Christ est ressuscité ! En vérité, il est ressuscité !

Le déconfinement est encore confiné. Soyons prudents et obéissants aux autorités comme le demande l’Apôtre, c’est juste. Mais il faut aussi oser vivre, penser, sortir. Ne serait-ce que pour conserver ou améliorer notre immunité. Observer le cours des choses.

Mais pas seulement.

Plusieurs ont remarqué que lors de la Résurrection du Seigneur et pour une bonne cinquantaine de jours, les apôtres étaient confinés entre eux dans la chambre haute de Sion. La liturgie elle-même, éducatrice première de notre foi et de nos théologies, nous guide. De la fondamentale et simple proclamation que le Seigneur est ressuscité, elle nous oriente depuis la mi-Pentecôte vers la suite des événements : l’Ascension glorieuse qui amène Jésus Christ à obtenir de son Père et notre Père le don du très Saint Esprit de Dieu. Car le salut est l’œuvre de la Sainte Trinité, qui se dévoile en mettant en œuvre toute cette « économie » remarquable. Les fleuves d’eau vive promis doivent se déverser à nouveau dans cette Pentecôte d’aujourd’hui. Elle n’est pas qu’une fête récurrente qui rappelle des choses anciennes.

La fête est un renouvellement des énergies du Saint Esprit, appelé par le Christ pour parachever le salut en nous vivifiant dans la communion avec Dieu, les uns avec les autres, et tous avec notre univers, inséparablement.

Le succès du don de Dieu (dont la fête est l’objet) ne dépend que d’une chose, tout comme l’arrêt de l’épidémie, comme la fin du problème écologique, comme la fin des guerres incessantes.

Avoir le cœur transpercé, pour ainsi dire, par notre péché. Ce n’est pas de mode de parler ainsi, mais c’est ce que font les Ecritures comme la liturgie de tous les temps. Car le péché est le seul obstacle entre Dieu et nous, entre nous, entre nous et l’univers. Quelque soit son niveau d’actualité : mes fautes personnelles, les fautes héritées qui sont une malédiction dont on peut être libéré, les crimes perpétrés à de larges niveaux de responsabilité.

Cette prise de conscience entraîne un regret que nous devrions présenter à Dieu « pour nos propres fautes et celles du peuple tout entier ». Il est plein de miséricorde et n’attend que cela pour restaurer nos êtres et les situations. C’est pourtant nécessaire du fait que nous sommes responsables.

Dieu y met sa gloire, tout le poids de son amour. Et nous qui sommes les disciples de Jésus devons reconnaître l’attente impatiente de Dieu d’être lui aussi reconnu, aimé. Passer du temps pour Dieu, pour sa gloire. Louer. Fréquenter les Ecritures. Implorer avec humilité la miséricorde du Père pour le monde et pour nous.

Tout cela est urgent pour chacun d’entre nous. Sans quoi la fête ne sera pas fête et surtout nous manquerions notre vie. Intensifions notre présence à Dieu, en particulier dans nos liturgies familiales.

Seigneur ressuscité, recrée-nous comme autrefois au jardin et lave-nous à Siloé pour que s’ouvrent nos yeux ; inonde-nous de l’eau vive et que, régénérés et vivant en toi, nous t’acclamions à jamais, ô Miséricordieux !

DIMANCHE DE L’AVEUGLE-NE

Chaque dimanche du temps de Pâques est une fête et les jours suivants constituent son après-fête. Après la fête de Thomas (comptée comme fête du Seigneur), puis celle des Myrrhophores, voici maintenant celle de l’Aveugle-né.

Vous pouvez disposer des éléments ci-dessous comme vous l’entendez, en fonction du temps dont vous disposez, des âges, etc.

Traduction : p. Denis Guillaume

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Pour commencer, le chef de famille se tient debout et dit après un instant de silence:

Par les prières de nos saints pères, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

Puis on chante 3 fois :

Le Christ est ressuscité des morts, / par sa mort il a vaincu la mort, / à ceux qui sont dans les tombeaux / il a donné la vie.

Puis on récite :

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

Très sainte Trinité, aie pitié de nous.
Seigneur, remets nos péchés.
Maître, pardonne-nous nos iniquités.
Saint, visite-nous et guéris nos infirmités, à cause de ton Nom.

Kyrie eleison. (3 fois) Gloire au Père…

Ensemble :

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé,
et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Malin.

Kyrie eleison. (12 fois) Gloire au Père… Et maintenant…

Stichères

T 5 : Merveille, vraiment : / le Créateur des esprits célestes, / par amour pour les hommes, a souffert dans sa chair, / le Dieu immortel est ressuscité ; / venez, toutes les familles des nations, / prosternons-nous devant lui, / car sa miséricorde nous a tirés de l’erreur / et nous avons appris à chanter un seul Dieu en trois personnes.

Ton 2

L’Aveugle-né se disait en lui-même : / Est-ce à cause des péchés de mes parents / que je suis privé de la vue, / est-ce pour l’incroyance des païens / que je servirai de témoin ? / Je n’ose pas demander s’il fait jour ou s’il fait nuit ; / mes pieds ne m’évitent pas les pierres d’achoppement, / car je ne vois pas l’éclat du soleil / ni même l’image et ressemblance de mon créateur ; / mais je t’en prie, ô Christ notre Dieu, / regarde vers moi pour me prendre en pitié. (2 fois)

Sortant du Temple, Jésus rencontra / un aveugle-né dont il eut compassion ; / il lui mit de la boue sur les yeux : / Va te laver, dit-il, à la fontaine de Siloé ! / Il se lava et recouvra la vue / en rendant grâce à Dieu. / Ses voisins lui dirent : Qui t’a ouvert ces yeux / que nul homme voyant clair ne pouvait guérir ? / Et l’Aveugle leur répondit : / Celui qu’on appelle Jésus m’a déclaré : / Va te laver à la fontaine de Siloé, / et j’ai recouvré la vue ; / cet homme est vraiment celui / dont Moïse prédit en sa Loi / qu’il est le Christ, le Messie ; / le Sauveur de nos âmes, c’est lui !

Gloire au Père, ton 5

Sur ton chemin, Seigneur, / tu as trouvé un aveugle-né, / et les Disciples te demandèrent, étonnés : / Maître, qui donc a péché, / est-ce lui ou ses parents / pour qu’il soit né aveugle ainsi ? / Mais tu leur répondis, Sauveur : / Ni lui ni ses parents n’ont péché, / mais c’est pour qu’apparaissent en lui les merveilles de Dieu ; / car il me faut accomplir / les œuvres de celui qui m’envoie / et nul autre ne peut le faire que moi. / Ce disant, il cracha sur le sol pour en faire de la boue, / il en frotta les yeux de l’Aveugle et lui dit : / Va te laver à la fontaine de Siloé / L’Aveugle se lava et fut guéri, / il s’écria : Je crois, Seigneur ! / et se prosterna devant lui. / À son exemple, nous aussi, / demandons au Christ de nous prendre en pitié.

Maintenant…

Dans la mer Rouge s’inscrivit autrefois / l’image de l’Épouse inépousée : / jadis Moïse fut celui qui divisa les eaux ; / dans ce nouveau mystère c’est Gabriel / qui devient le serviteur du miracle ; / autrefois pour traverser l’abîme Israël passa à pied sec / et maintenant, pour enfanter le Christ, la Vierge a conçu sans semence ; / la mer est demeurée infranchissable après le passage d’Israël, / comme la Vierge est demeurée intacte après l’enfantement de l’Emmanuel. / Ô Dieu vivant qui es et qui étais / et qui as revêtu notre humanité, / Seigneur, aie pitié de nous.

Tropaire du dimanche, ton 5

Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, / toi qui es né de la Vierge pour notre salut, / nous te chantons, nous tes fidèles, et t’adorons, Seigneur, / car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix / pour y subir la mort en ta chair / et ressusciter les morts / en ta sainte et glorieuse Résurrection.

Gloire… Maintenant…

Kondakion, ton 4

Comme en l’Aveugle de naissance / les yeux de mon âme sont clos / et, Seigneur, dans la repentance / je viens à toi et je m’écrie : / pour ceux des ténèbres tu es la suprême clarté.

Ikos

Ô Christ, accorde-moi le flot de l’ineffable sagesse / et de la connaissance d’en-haut, / Lumière des cœurs enténébrés / et conducteur des errants, / afin que j’annonce le miracle de l’Aveugle-né, / comme l’enseigne le divin livre, l’Évangile de paix : / un aveugle de naissance recouvre l’organe de la vue, / mais aussi les yeux de l’âme et s’écrie, dans la foi : / Pour ceux des ténèbres tu es la suprême clarté.

Synaxaire

Ce même jour, sixième dimanche de Pâques, nous célébrons le miracle de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ en faveur de l’Aveugle-né.

Lumière de Lumière et Source de clarté,
verbe, tu rends la vue même à l’Aveugle-né !

Ce miracle fut opéré à partir de l’élément liquide, de même que la conversion de la Samaritaine et la guérison du Paralytique. Il se produisit ainsi. Le Christ s’entretenant avec les Juifs et se montrant à eux comme égal au Père en disant : «Avant qu’Abraham fût, moi, je suis», ils lancèrent des pierres contre lui. S’étant retiré, il rencontra l’Aveugle, qui marchait à tâtons. Il était ainsi de naissance, n’ayant que le contour et la cavité des yeux. Le Sauveur, l’ayant trouvé de la sorte, demanda à ses disciples (qui l’avaient entendu dire au Paralytique : «Te voici guéri, ne pèche plus » et qui savaient que «la faute des parents retombe sur les enfants») : «Maître, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». D’ailleurs, une doctrine épicurienne soutenait que les âmes préexistaient et que si elles avaient péché immatériellement elles descendaient dans un corps. Rejetant tout cela, le Christ dit : Ce n’est pas pour cette raison, mais afin que se manifestent les œuvres de Dieu, c’est-à-dire les miennes. Car il n’est pas question du Père : la conjonction «afin que» vise la proclamation du Fils et non sa cause.

Ayant dit cela et craché à terre, le Christ fit de la boue et enduisit le contour de ses yeux, lui ordonnant d’aller à la fontaine de Siloé et de s’y laver. Cela, pour montrer qu’il est lui-même celui qui au commencement prit du limon de la terre pour façonner le corps humain. Et puisque l’œil est parmi les organes du corps le plus important, il le façonne alors qu’il n’existait pas, pour bien montrer qu’il est également celui qui donne le mouvement à la force psychique. Il ne se sert pas de l’eau, mais de sa salive, afin qu’on sache que toute grâce provient de sa bouche et qu’il faut l’envoyer à Siloé.

Et il lui demande de s’y laver, afin que ce ne soit pas un homme, issu de la terre, qui lui donne d’être guéri par la boue. Il l’envoie à Siloé, afin qu’il y ait plusieurs témoins de sa guérison. Car plusieurs l’auraient rencontré alors qu’il s’en allait avec les yeux enduits de boue, mais au dire de certains, lorsqu’il se lava, il ne fit pas partir la boue formée avec la salive, mais la boue elle-même, sous l’action de cet élément liquide qu’est la salive, s’était transmuée pour former les yeux.

Siloé signifie l’envoyé. Cette piscine se trouvait en dehors de la ville de Jérusalem. Sous Ézéchias, alors que les ennemis assiégeaient la ville et qu’ils occupaient Siloé, l’eau y fut troublée. Avant qu’on n’y creusât des puits et des citernes pour obtenir de l’eau, chaque fois qu’on envoyait quelqu’un, sur l’ordre du prophète Isaïe, le flot sortait de façon continue, et l’on avait de l’eau. Mais, si c’était quelqu’un de là-bas ou bien un ennemi, l’écoulement de l’eau s’arrêtait. De là le nom. Ainsi donc, pour montrer aussi que lui-même il vient de Dieu, le Christ pour cette raison y envoie l’Aveugle, et la lumière suit aussitôt. Certains même ont pensé que Siloé signifie l’envoyé, à cause de cet aveugle envoyé par le Christ.

En se lavant, l’Aveugle recouvre la vue, par une puissance ineffable, sans que le patient lui-même ait pu observer le mystère. Ses voisins et ses connaissances, constatant qu’il voyait correctement, étaient perplexes. Quant à lui, il confessait avoir été aveugle et, quand on lui demandait la raison pour laquelle il voyait à présent, il proclamait que le Christ avait guéri son mal. Alors les Pharisiens, à la nouvelle du miracle étonnant, accusent de nouveau le Sauveur de ne pas observer le sabbat. Car c’est encore un jour de sabbat, à ce qu’il semble, que fut accomplie la guérison de l’Aveugle. Entre eux se crée donc une division, les uns disant que Jésus est Dieu à cause de ses miracles, les autres qu’il n’est pas Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat.

Ceux qui ont une bonne opinion de lui demandent à l’Aveugle : «Et toi, que dis-tu de lui ? » Il répond ouvertement que c’est un prophète, ce qui leur semble assez élogieux. Mais les autres ne veulent pas croire qu’il eût été aveugle et que le Christ l’ait guéri. Ils font donc venir ses parents, peut-être parce qu’ils ne croient pas les voisins. Mais plus ils veulent cacher la vérité, plus ils la rendent manifeste, car les parents conviennent de tout, même au risque d’être chassés de la synagogue, et sous prétexte que leur fils est assez grand ils se débarrassent de l’affaire sur lui. De nouveau les Pharisiens disent à l’Aveugle : Rends grâces à Dieu, cette guérison vient de lui, et non pas du Christ, car c’est un pécheur, puisqu’il abolit le sabbat ! L’Aveugle, désirant montrer par ses œuvres qu’il est Dieu, répond : Je ne sais ; la seule chose que je sache, c’est que j’étais aveugle et que, grâce à lui, je vois !

De nouveau ils lui dirent : «Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ?» Celui-ci, lassé, ne leur répond pas par le détail, mais il condense : S’il n’était pas de Dieu, il n’aurait pas fait ce miracle ! Alors ils commencèrent à l’insulter, parce qu’il avait ainsi reconnu être son disciple et pour avoir dit : Personne n’a jamais ouvert les yeux à un aveugle-né ; d’autres aveugles ont vu, mais pas un aveugle de naissance ! Ils se moquèrent de lui et le chassèrent de la synagogue. Après quoi, Jésus le rencontre et lui dit : “Crois-tu au Fils de Dieu ? Et lui, apprenant qui est celui avec qui il parle et le voyant grâce à lui (car il ne pouvait pas le voir auparavant, puisqu’il était aveugle), se prosterna devant lui et devint son disciple, proclamant ses bienfaits.

On pourrait dire aussi, par analogie : l’Aveugle, c’est le peuple issu du paganisme, qu’en passant le Christ a rencontré alors qu’il se trouvait sur la terre, et non au ciel. Ou bien, parce qu’il est venu à cause du peuple hébreu, de passage il s’est rendu aussi chez les païens. Crachant à terre et faisant de la boue, il les a enduits, au lieu de les avoir d’abord instruits. Car il est venu comme rosée sur la terre et il a pris chair de la Vierge sainte. Ensuite il a donné le baptême divin, qui correspond à Siloé. Puis le peuple chrétien venu du paganisme eut le courage de tout souffrir pour le Christ, il fut persécuté et il témoigna, et finalement il fut reconnu par lui et glorifié.

Dans ton immense miséricorde, ô Christ notre Dieu, toi qui donnes la lumière, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

Exapostilaires de Pâques et de ce dimanche, ton 2

Du sommeil où reposait ton corps, / ô mon Roi et mon Seigneur, / le troisième jour tu es ressuscité, / de la fosse faisant surgir Adam, / car il a vaincu la mort, / Pâque où nous puisons la vie immortelle, / Pâque où le monde trouve le salut.

Gloire… Maintenant…

Maintenant…

Comme il passait sur la route, Jésus, le Seigneur qui nous sauve, / rencontra un homme atteint de cécité, un aveugle de naissance ; / de la poussière du sol humectée par le flux de sa bouche / le Christ forma un peu de boue pour enduire les yeux de l’aveugle ; / puis il le mande vers Siloé, se laver à la fontaine : / l’aveugle, s’y étant lavé, / retourna, voyant bien clairement, ô Christ, ta lumière.

Liturgie de la Parole

Prokimen ton 3 Ps 11:8.2

Toi, Seigneur, tu nous prends en ta garde, Tu nous protèges d’une telle engeance à jamais !

Toi, Seigneur, tu nous prends en ta garde, Tu nous protèges d’une telle engeance à jamais !

Sauve, Seigneur, il n’est plus de saints ; la vérité a disparu parmi les hommes.

Toi, Seigneur, tu nous prends en ta garde, Tu nous protèges d’une telle engeance à jamais !

Toi, Seigneur, tu nous prends en ta garde * Tu nous protèges d’une telle engeance à jamais !

Acts 16:16-34

16 Comme nous allions au lieu de prière, voilà que vint à notre rencontre une jeune servante qui était possédée par un esprit de divination ; elle rapportait de gros bénéfices à ses maîtres par ses oracles.

17 Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, et elle criait : « Ces hommes sont des serviteurs du Dieu Très-Haut ; ils vous annoncent le chemin du salut. »

18 Elle faisait cela depuis plusieurs jours quand Paul, excédé, se retourna et dit à l’esprit : « Au nom de Jésus Christ, je te l’ordonne : Sors ! » Et à l’instant même il sortit.

19 Les maîtres, voyant s’en aller l’espoir de leurs bénéfices, se saisirent de Paul et de Silas et les traînèrent sur la place publique auprès des autorités.

20 Puis, ils les firent comparaître devant les magistrats en disant : « Ces gens troublent notre cité : ils sont Juifs,

21 et ils prônent des coutumes que nous n’avons pas le droit d’accepter ni de pratiquer, nous qui sommes citoyens romains. »

22 Alors, la foule se déchaîna contre Paul et Silas. Les magistrats ordonnèrent de leur arracher les vêtements pour leur donner la bastonnade.

23 Après les avoir roués de coups, on les jeta en prison, en donnant au geôlier la consigne de les surveiller de près.

24 Pour appliquer cette consigne, il les mit tout au fond de la prison, avec les pieds coincés dans des blocs de bois.

25 Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient.

26 Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent.

27 Le geôlier, tiré de son sommeil, vit que les portes de la prison étaient ouvertes ; croyant que les détenus s’étaient évadés, il dégaina son épée et il était sur le point de se donner la mort.

28 Mais Paul se mit à crier d’une voix forte : « Ne va pas te faire de mal, nous sommes tous là. »

29 Ayant réclamé de la lumière, le geôlier se précipita et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas.

30 Puis il les emmena dehors et leur demanda : « Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? »

31 Ils lui répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. »

32 Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient dans sa maison.

33 À l’heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens.

34 Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.

psaume 30 :

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

L’amour du Seigneur à jamais je le chante ; d’âge en âge ma parole annonce ta fidélité.

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

Car j’ai dit : l’amour est bâti à jamais, aux cieux tu as fondé ta fidélité.

Alliluia, Alliluia, Alliluia !

 

Saint EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON JEAN

01 En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.

02 Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »

03 Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui.

04 Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.

05 Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »

06 Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,

07 et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

08 Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »

09 Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. »

10 Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »

11 Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. »

12 Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »

13 On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.

14 Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.

15 À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. »

16 Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.

17 Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. »

18 Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents

19 et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »

20 Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle.

21 Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »

22 Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.

23 Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

24 Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »

25 Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. »

26 Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »

27 Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »

28 Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.

29 Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »

30 L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux.

31 Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.

32 Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.

33 Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

34 Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

35 Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »

36 Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »

37 Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »

38 Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

Vous pouvez faire une pause et éventuellement partager ce que Dieu pourrait inspirer dans sa Parole.

Pour conclure

Ton 8

Ô Christ notre Dieu qui par amour t’es incarné, / dans ton ineffable tendresse, tu accordas la divine clarté / à l’aveugle privé de lumière depuis l’enfantement ; / de ton doigt créateur tu mis un peu de boue sur ses yeux : / toi-même, Seigneur qui procures la clarté, / illumine à présent le regard de notre âme, en ta largesse de roi.

Gloire au Père, ton 8

Ô Christ, qui pourrait dire ton pouvoir souverain / ou détailler tes miracles infinis ? / De même qu’en deux natures sur terre tu t’es montré, / aux malades tu procuras une double guérison : / de l’Aveugle-né tu n’ouvris pas seulement les yeux corporels, / mais tu illuminas le regard de son âme vers toi ; / aussi reconnut-il le Dieu soustrait à notre vue, / qui accorde au monde la grande miséricorde.

Maintenant … Théotokion

Tu es toute bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer ; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction, / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés ; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter : / béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, qui l’as voulu ainsi ! Gloire à toi.

Louange

Gloire à toi qui nous as montré la lumière.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre,
bienveillance parmi les hommes.
Nous te chantons, nous te bénissons, nous t’adorons,
nous te glorifions, nous te rendons grâce pour ta grande gloire.
Seigneur, Roi céleste, Dieu et Père tout-puissant ;
Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, et Saint-Esprit ;
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père,
Toi qui ôtes le péché du monde, aie pitié de nous ;
Toi qui ôtes les péchés monde, reçois notre prière ;
Toi qui sièges à la droite du Père, aie pitié de nous.
Car tu es le seul Saint, le seul Seigneur,
Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père. Amen.

Chaque jour je te bénirai et louerai ton Nom dans les siècles des siècles.
Daigne, Seigneur, nous garder ce jour sans péché.
Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères,
et ton Nom est loué et glorifié dans les siècles. Amen.

Que ta miséricorde, Seigneur, soit sur nous,
comme nous avons espéré en toi.
Tu es béni, Seigneur, enseigne-moi tes jugements. (3 fois)

Seigneur, tu as été pour nous un refuge d’âge en âge.
J’ai dit Seigneur, aie pitié de moi,
guéris mon âme, car j’ai péché contre toi.
Seigneur, je me suis réfugié auprès de toi,
enseigne-moi à faire ta volonté, car tu es mon Dieu.
Car auprès de toi est la source de la vie,
dans ta lumière nous verrons la lumière.
Étends ta miséricorde sur ceux qui te connaissent.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. (3 fois)

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
et maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Immortel, aie pitié de nous.
Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Tropaire, ton 5

Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, / toi qui es né de la Vierge pour notre salut, / nous te chantons, nous tes fidèles, et t’adorons, Seigneur, / car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix / pour y subir la mort en ta chair / et ressusciter les morts / en ta sainte et glorieuse Résurrection.

Gloire au Père et au Fils… Et maintenant…

Théotokion

Réjouis-toi, infranchissable porte du Seigneur, / réjouis-toi, rempart et protection de ceux qui accourent près de toi, / réjouis-toi, havre qui nous offres un sûr abri. / Vierge inépousée qui as enfanté dans la chair / ton Créateur et ton Dieu, / sans cesse intercède pour ceux / qui chantent ton Fils et se prosternent devant lui.

Prière du matin à réciter ensemble la tête inclinée:
Seigneur très-saint, toi qui habites les hauteurs, et te penches vers ce qui est humble ; de ton regard partout présent, tu veilles sur toute créature. Nous nous inclinons, âme et corps, devant toi, et nous t’implorons : ô Saint des saints, de ta sainte demeure, étends ta main que nul ne peut voir, et donne à tous ta bénédiction. Et tous les péchés que nous avons commis de plein gré ou sans le vouloir, pardonne-les-nous, en ta bonté et ton amour des hommes, et accorde-nous tes biens terrestres et célestes. Car il t’appartient de nous faire miséricorde et de nous sauver, ô Christ notre Dieu, et nous te rendons gloire, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Pour finir :

Par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus Christ, notre Dieu, aie pitié de nous.

Bon dimanche !

 

P.Emmanuel