Message du recteur (dimanche 26 avril)

Dimanche des Myrrhophores

Chers Amis,

Le Christ est ressuscité !

C’est la nouvelle que l’on se répète dans toutes les langues possibles et imaginables. Il faut que ce soit entendu jusqu’au bout de la planète !

C’est incroyable, et d’ailleurs qui croit ? Qui adhère à cette histoire ?

Nous, bien sûr… Quoique… de quelle façon ? On ose y regarder de plus près, à cette nouvelle qui nous réunit toujours ?

Thomas en tout cas a eu le mérite de douter… pour notre salut, car il a constaté que toutes les plaies étaient là, et ce n’était pas un étalage mais un témoignage de l’amour de Jésus pour ceux pour qui il a tout accepté. C’est le contenu de l’Eucharistie qu’il nous demande de répéter jusqu’à ce qu’il vienne.

L’ange a dit aux femmes qui découvraient le tombeau ouvert et vide : il n’est pas ici ! Il faut aller en Galilée !

La liturgie nous manque donc, jusqu’ici notre rendez-vous autour de la Parole vivante de Dieu et de l’eucharistie qui nous construit et nous envoie, le Sauveur nous accompagnant partout. Le tombeau est bien vide.

Et dans le déroulement de cette liturgie, vous vous rappelez bien que, une fois les offrandes introduites à l’autel,  les portes se ferment sur le sanctuaire et le rideau est tiré : c’est la mise au tombeau. Ce même tombeau s’ouvre lorsque le Ressuscité se donne à chacun dans le pain et le vin eucharistiques, sa propre chair, son sang, pour la rémission des péchés.

En cas de persécution, on resquille dès qu’on en trouve un moyen. On disait en Union soviétique que tant qu’une liturgie était célébrée on était sûr que ce totalitarisme tomberait. Il est tombé.

Mais aujourd’hui, alors que la pandémie nous force au confinement, masque ou pas puisque les autorités l’ont décidé, il n’y a plus d’église, ou presque pas. Il est même interdit par l’autorité ecclésiastique de distribuer aux fidèles l’Eucharistie alors qu’on recommande aux prêtres de continuer à célébrer la « Fraction du pain » dont la nature-même est son partage ! C’est parce que donner la communion, quelque en soit le mode, est un moyen raffiné de transmettre le COVID-19.

Où est Dieu là-dedans ? Dieu est forcément au courant. Migre-t-il hors des églises exprès ? Sont-elles le tombeau vidé de ce qui a été l’expression de l’identité chrétienne ?

Le fait est : Il n’est plus ici !

ou du moins ce n’est plus là que pour l’instant on peut le trouver puisqu’on ne peut pas y aller.

Faut-il aller en Galilée, alors ? La Galilée des nations, terre de croyances mélangées et de mixité ethnique loin du culte pur du Temple, terre de ténèbres sur laquelle une grande lumière a brillé, pays d’apôtres incultes. Est-ce notre avenir ?

Demandons au Seigneur avec insistance qu’il nous éclaire, qu’il nous fortifie pour faire face à l’inconnu qui arrive. Implorons la Mère de Dieu d’intercéder pour que le Dieu qui s’est abaissé jusqu’à se faire l’un de nous, nous prenne en pitié, avec tout le monde qui nous entoure.

Car il vient !

P.Emmanuel