4 novembre 2012

Dimanche de la 7ème semaine après la Croix

Luc 16, 19 – 31

Maison luxueuse, juste manifestation de l’opulence de son propriétaire ! Mais, auprès du portail, un pauvre hère, Lazare. Il est là recroquevillé sur lui même, affamé tandis que lui parviennent les bruits et les odeurs des festins qui s’y déroulent chaque jour. Il a faim, il a froid, il est couvert d’ulcères. Gens de la maison, invités et serviteurs vont et viennent, entrent et sortent sans lui jeter le moindre regard, sans lui prêter une quelconque attention. Tous l’ignorent superbement ! A leurs yeux, existe-t-il ? Heureusement que les chiens lui montrent un peu d’humanité en lui léchant les plaies ! Il est pauvre et malade, il est donc sans intérêt. Et son malheur est décuplé par l’indifférence de tous et de chacun.
Mais voilà que le pauvre et le riche meurent. Lazare est emporté par les anges dans la gloire du ciel, le riche est voué aux tourments éternels. Alors ses yeux se dessillent, il les lève et voit Lazare dans un bonheur sans nom. Et pour la première fois il voit celui qui sur terre se tenait sur le seuil de sa maison et qui n’avait jamais attiré son regard.
S’il nous arrive parfois de nous sentir un « Lazare » au regard des autres, pensant que nous ne comptons pas pour eux, qu’ils ne nous voient pas, n’arrive-t-il pas trop souvent que nous nous comportions comme un « mauvais riche » ? Est-ce que je vois Lazare à ma propre porte ? Est-ce que je sors de chez moi pour le rencontrer? Suis-je attentif au cours des jours pour remarquer ce « Lazare » que je croise sur mon chemin, pour le regarder et le voir afin de le secourir et le servir ? Jésus ne nous met-il pas en garde de ne pas imiter ceux qui « voient sans voir, qui entendent sans entendre », car tout repliés sur eux-mêmes.
N’est-ce pas sur l’amour que nous serons jugés au jour de notre rencontre avec le Seigneur ? Mais comment affirmer que nous avons aimé si nous sommes demeurés aveugles à leur misère et sourds à leurs appels ! Ce n’est pas sa richesse qui condamne le mauvais riche, c’est la fermeture de son cœur qui l’a rendu indifférent à la misère de Lazare. Rappelons-nous la question des élus lors du jugement ! « Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, prisonnier ou malade ? » Et nous comprenons que c’est Jésus lui-même qu’ils ont secouru dans les pauvres rencontrés ! Et n’oublions pas que si les situations de détresse nous dépassent, nous pouvons toujours marquer notre compassion et offrir notre prière.
Seigneur, réalise en nous ta promesse d’ôter en nous notre cœur de pierre et de le remplacer par un cœur de chair. Alors seulement, nous serons capables d’aimer comme tu nous l’as commandé.

AMIN !