Dimanche du Pardon 10 février 2013

Matthieu 6, 14–21

Ce soir, à l’heure des vêpres, commence le Grand Carême, ce temps de préparation de la célébration de Pâques, la fête des fêtes, ce temps où se réalise notre salut par la mort et la résurrection du Christ.
Le passage de l’Évangile de Saint Matthieu que nous venons d’écouter nous trace en quelque sorte le chemin à suivre tout au long de ces jours. Ce qui est essentiel pour Jésus, ce ne sont pas les pratiques extérieurs – si nécessaires sont-elles mais l’attitude profonde du coeur. Les efforts particuliers du jeûne, de l’aumône et de la prière sont certes importants pour renouveler et approfondir notre relation d’amour avec Dieu. Cependant ils ne doivent jamais être ostentatoires mais au contraire toujours demeurer discrets, connus seulement de notre Père, qui voit dans le secret !
N’est-ce pas pour lui, pour mieux répondre et correspondre à son amour miséricordieux envers nous que nous effectuons cette démarche de conversion ? Et ce n’est certes pas pour nous faire valoir aux yeux des hommes, ce que Jésus reproche avec véhémence aux pharisiens et aux scribes.
En paraphrasant Saint Paul, nous pourrions nous dire intérieurement : « J’aurais beau pratiquer les jeûnes les plus rigoureux, effectuer les prières les plus longues, faire les aumônes les plus généreuses … si je n’agis pas dans l’humilité, si je n’ai pas la charité, cela ne mène à rien, cela ne sert à rien ! Méfions-nous du formalisme de nos résolutions concernant les trois chemins de conversion proposés dans cette exhortation de Jésus où nous risquons de nous attacher plus à la lettre qu’à l’esprit !
Nous souvenant, selon son enseignement, que  » le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat « , prenons alors courageusement le rude chemin du carême pour retrouver en vérité notre intimité avec notre Dieu, bon et ami des hommes.
En ce dimanche où nous sommes appelés à nous souvenir de la chute d’Adam, nous sommes nous-mêmes conviés à prendre conscience de notre propre refus de l’amour de notre Père et des errements où nous ont entraînés nos péchés. Mais avec Dieu, toute réconciliation est possible si nous décidons de changer de vie.
Jésus nous en trace les conditions : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ». Le pardon – le pardon donné, le pardon demandé – est le point de départ incontournable à notre démarche de conversion.
Nous accomplirons cette démarche mutuelle à la fin de notre célébration et nous sommes invités à la poursuivre avec nos voisins et connaissances. Accomplissons-la dans la simplicité et l’humilité. Et que la Mère de Dieu nous y encourage tous, nous ses enfants bien aimés !
AMIN !