20 janvier 2013

Dimanche du Publicain et du Pharisien

Luc 18, 10 – 14

Ce Pharisien est un homme de bien. C’est même un modèle de fidélité à la Loi : il n’est ni injuste ni rapace, il n’est pas adultère. Il jeûne même deux fois par semaine et donne la dîme de tous ses revenus. Chez lui, aucune faille, aucun défaut dont il est à se repentir. Au contraire il est en droit de rendre grâce pour sa conduite irréprochable, contrairement à ce Publicain, ce pécheur qui se tient à distance, conscient de sa misère et de son indignité, image parfaite de tout ce que réprouve et méprise le Pharisien. Il n’ose ni s’approcher du sanctuaire ni lever les yeux vers le ciel, tant il se sent indigne et misérable. Sa seule prière s’exprime en peu de mots, sans doute prononcés à voix basse :  » Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !  » Et Jésus de conclure ce bref récit :  » Ce dernier s’en retourna chez lui justifié, l’autre, non.  »
Comment comprendre le dénouement de cette parabole ? En effet les publicains ont une réputation plutôt sulfureuse : ce sont des collecteurs d’impôts pas toujours très honnêtes, souvent accusés de collaboration avec l’occupant romain alors que les pharisiens sont d’une scrupuleuse fidélité aux commandements !
Ce qui justifie ou condamne ces deux hommes, c’est leur attitude spirituelle profonde. Le Pharisien ne ressent pas la nécessité d’être pardonné, il s’attribue à lui seul sa fidélité; il n’a nul besoin de miséricorde car il se croit la source de ses vertus et n’a aucune conscience de ses limites ou de ses insuffisances. Et même plus, il éprouve un profond mépris pour son compagnon qu’il juge et condamne sans appel. L’obstacle à sa justification, c’est son infinie suffisance, son immense orgueil. Il n’a pas voulu entendre ou comprendre ni faire sienne la première béatitude dévoilée par Jésus lors du Sermon sur la montagne : « Heureux les pauvres de cœur »
Le Publicain, au contraire, a conscience de sa misère et de ses nombreux péchés. Il connaît les jugements négatifs portés sur lui par les juifs et leur mépris à son encontre. Il sait son indignité et il ose à peine se présenter au Temple pour y rencontrer son Dieu. Mais il sait aussi que celui-ci  » est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour et de compassion pour les pécheurs « … alors il se décide à monter au Lieu saint pour y crier sa honte profonde et implorer le pardon. Son cri de détresse résonne encore à nos oreilles et à notre coeur. Il est devenu cette PRIERE de Jésus murmurée à l’infini par une multitude de chrétiens – moines et moniales, laïcs de tous âges et de toutes conditions – et pas seulement d’Orient !  » Seigneur Jésus-Christ,  Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! Faisons la nôtre, humblement, sincèrement. Alors comme le Publicain; nous aurons l’assurance d’être justifiés, d’être pardonnés.                                        
AMIN !