1er dimanche après la Pentecôte, Toussaint – 26 mai 2013

Dimanche de tous les Saints

Matthieu 10, 32-38 et 19, 27-30

Jésus, s’adressant à la foule de ses disciples leur
disait : « Soyez saints comme votre Père céleste est saint
! » La sainteté n’est donc pas facultative ! Elle est le
chemin obligé vers le Père. Déjà les premiers chrétiens
s’appelaient l’assemblée des ‘ saints ‘ ! N’y voyons pas un
orgueil mal placé ou une quelconque forfanterie mais une
réalité spirituelle qui nous signifie que la sainteté n’est
pas acquise  » à la force des poignées  » mais qu’elle est
donnée par le seul qui soit réellement saint, par notre
Père lui-même. Le Père qui nous a livré son propre Fils
pour nous racheter du péché et nous sauver, le Père de
qui procède l’Esprit Saint, envoyé par Jésus au jour de la
Pentecôte. C’est lui l’Esprit de vérité qui fit des apôtres,
hommes craintifs et timorés, des témoins audacieux et
pleins de foi, des prédicateurs courageux du Christ
ressuscité et de sa Bonne nouvelle, des hommes capables
de tout donner – et même leur vie, par fidélité à leur
maître, le Seigneur Jésus.

Et pourtant, c’était des hommes ordinaires, la plupart
d’entre eux sans culture ni profane ni religieuse, de
simples pécheurs; certains même n’avaient pas une
réputation de grande honnêteté, comme Lévi, le
collecteur d’impôts. Mais de chacun d’eux l’Esprit fit des
hommes nouveaux, comme leur avait annoncé Jésus au
matin de l’Ascension :  » il est bon que je m’en aille; je
vous enverrai le Paraclet qui fera en vous toutes choses
nouvelles. » Eux et tant d’autres ont laissé leur nom dans
notre histoire qui a gardé mémoire de  » leurs hauts faits
ou de leur incommensurable fidélité. » Et c’est avec joie
que nous les fêtons en ce jour.

Mais plus encore nous honorons aujourd’hui la
foule de ces saints anonymes, ces femmes, ces hommes
et même ces enfants – et de toutes conditions, dont nul
n’a conservé ni le nom ni même le souvenir d’actes
mémorables. Ils ont vécu une vie simple et souvent
humble et cachée. Leur  » seul exploit  » demeurant leur
fidélité à l’amour dans les tâches quotidiennes et le
service du prochain. Ils ont tout simplement expérimenté
la « petite voie  » mise en valeur par Thérèse de Lisieux si
chère aux chrétiens de Russie et si proches de celle
tracée par des saints comme Séraphim ou Silouan ! C’est
cette cohorte de ces petits pour lesquels Jésus rendait
grâce à son Père de leur avoir révélé les mystères du
Royaume, ce sont eux que l’Eglise honore et vénère en
ce premier dimanche après la Pentecôte car ils sont l’un
des plus beaux fleurons de l’Esprit Saint dans le monde.
Voilà pourquoi nous chantons à pleine voix : « Nous
vous bénissons, nous vous magnifions, vous tous Saints
du Christ, et nous vénérons votre sainte mémoire. Priez
pour nous le Christ notre Dieu. »