2e dimanche de carême – 24 février 2013

Marc 2,  1 – 12
mémoire de Saint Grégoire Palamas

Les foules se pressent auprès de Jésus, attirées non seulement par son enseignement mais aussi par sa sollicitude pour toutes souffrances et pour toutes misères, tant physiques que spirituelles. Ne guérit-il pas les infirmes et les malades et ne délivre-t-il pas les possédés, approchant chacun avec une extrême compassion ? Et ce jour-là, il est particulièrement difficile de l’approcher, et encore plus pour un paralytique cloué sur son grabat ! Les hommes qui l’accompagnent n’ont comme seule ressource de monter sur la terrasse de la maison où se trouve Jésus et, après y avoir creusé un trou de descendre par là le malade. C’est dire qu’ils l’espèrent de toutes leurs forces sa guérison ! On ne peut qu’être admiratifs devant leur foi envers Jésus et leur confiance inaltérable en sa bonté et en son pouvoir de guérison. Mais, ô stupeur ! Les premières paroles qu’ils entendent les laissent sans voix : « Mon enfant, tes péchés te sont remis ». Or si les compagnons du paralytique sont étonnés, les scribes et les pharisiens présents sont scandalisés et crient ‘au blasphème’. Comment cet homme ose-t-il pardonner les péchés, ce qui n’appartient qu’à Dieu seul ! Alors, pour démontrer en quelque sorte sa filiation divine et son pouvoir de pardon, le Seigneur de conclure en s’adressant à l’infirme : « lève-toi, prends ton grabat et va-t’en chez toi ! » Et tout s’accomplit ainsi.
Nous comprenons ainsi que pour Jésus le plus grand mal, c’est le péché parce qu’il détourne l’homme de l’amour de son Dieu et Père. Si, dans son immense compassion, Jésus s’attache à la guérison des corps souffrants, sa mission première demeure celle des âmes et la réconciliation des pécheurs avec son Père et notre Père. Voilà pourquoi il nous invite à craindre plus encore « ceux qui peuvent tuer l’âme » ! Voilà pourquoi aussi, après avoir accordé la guérison à un malade ou à un infirme, il lui dit : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés ! Va et ne pèche plus, il pourrait t’arriver pire encore ! » Et pourtant Jésus connaît le prix que lui coûtera la réconciliation des pécheurs que nous sommes avec Dieu, son Père et notre Père.
Ne sommes-nous pas tous comme ce paralytique qui aspire de toutes ses forces à marcher quand, paralysés par nos péchés, nous faisons une démarche de réconciliation ? Le prêtre ne nous dit-il pas en quelque sorte au nom de Jésus : « Tes péchés te sont remis, lève-toi, prends ton grabat et marche. » Ce grabat ne symbolise-t-il pas toutes nos lourdeurs et nous devons malgré lui marcher avec confiance vers Jésus qui nous aime et qui est toujours prêt à nous remettre debout. Alors n’hésitons pas durant ce carême de murmurer souvent dans notre coeur :  » Seigneur, aie pitié du pécheur que je suis ! » car certes nous sommes pécheurs … mais des pécheurs pardonnés, des pécheurs immensément aimés.
AMIN !