20ème dimanche après la Pentecôte, de la 3ème semaine après la Croix – 6 octobre 2013

 » Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ! « 

Luc 7, 11 – 16

Quelle sobriété dans ce récit de l’un des miracles les plus étonnants de Jésus. Nous sommes habitués à voir malades, estropiés, infirmes, lépreux, aveugles, sourds-muets et possédés accourir auprès de Jésus et parfois même le harceler dans l’espoir fou d’être guéris. Il arrive que les apôtres eux-mêmes interviennent auprès de lui pour qu’il donne satisfaction à des importuns qui les accablent de leurs cris suppliants. Bien plus, ce sont des juifs pieux qui introduisent le centurion – donc un païen et un soldat de l’armée d’occupation – qui plaide pour son serviteur gravement atteint, le présentant comme un homme  » qui aime notre nation « . Jésus est donc habitué aux multiples sollicitations et supplications de cette multitude de souffrants qui le suivent, pleins d’espoir. Et ces derniers sont rarement déçus de leur attente ! Jésus éprouve leur foi :  » Crois-tu que je puisse faire cela pour toi? » et souvent leur accorde « prime » le pardon de leurs péchés.  » Va et ne pèche plus, il pourrait t’arriver pire encore !  » Jésus, en toutes circonstances se montre proche des petits, des malades, des pécheurs; il témoigne à tous de sa compassion. D’ailleurs, n’affirme t-il pas qu’il est d’abord venu pour eux et non pour les justes et les bien-portants et pour sauver ce qui était perdu ! Bien plus, il est normal qu’ils lui manifestent une confiance éperdue puis qu’ainsi ils répondent à son appel pressant :  » Venez à moi, vous qui ployez sous le fardeau et je vous procurerai le repos … »

Mais le miracle qui s’accomplit devant la porte de la ville de Naïm est d’un autre ordre et nous révèle de façon plus profonde encore la nature de Jésus, sensible à toute souffrance humaine. C’est lui qui prend l’initiative de rendre, vivant, le jeune homme à sa mère, cette veuve accablée de chagrin par la mort de son fils, son unique enfant. Personne ne l’a sollicité pour qu’il intervienne. Il a seulement compris l’immense et insoutenable chagrin de cette maman conduisant son seul enfant en sa dernière demeure. Et par ses seules paroles : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. », il a rendu la joie non seulement à la pauvre maman mais aussi à la foule nombreuse qui l’accompagnait.

Sans aucune hésitation nous pouvons donner notre adhésion à son constat ému et enthousiaste:  » Dieu a visité son peuple !  »