Dimanche du Pardon et de l’Expulsion d’Adam – 2 mars 2014

Matthieu 6, 14 – 21
Ce soir, à l’heure des vêpres, commence le Grand Carême, ce temps privilégié qui nous prépare à entrer dans le mystère de notre rédemption où Jésus, par sa passion sa mort sur la croix et sa glorieuse résurrection, nous fait passer de la mort à la vie. Comment célébrer cette Pâque du Seigneur – et la nôtre, sans nous y préparer avec sérieux ? Saint Matthieu, dans le court passage de son évangile que nous venons d’entendre, nous indique deux chemins que Jésus lui-même nous conseille d’emprunter pour parvenir à notre conversion.
La première démarche à accomplir, la première étape à suivre, et sans laquelle nous ne parviendrons pas au terme de notre cheminement, c’est le pardon. En une autre circonstance Jésus disait à ses disciples et à la foule qui l’accompagnait : « Si tu vas porter ton offrande à l’autel et qu’en chemin tu te souviens que tu as quelque chose contre ton frère, laisse là ton offrande, va d’abord te réconcilier avec lui, puis viens la déposer sur l’autel ! « Ce que Jésus demande pour une simple offrande, combien plus est-il indispensable de l’entreprendre avant de s’engager sur cette voie de conversion du coeur sur laquelle nous nous engageons en ce début de carême ! Comment oser solliciter de notre Dieu, qui nous aime tant, un pardon plein et entier de nos pauvres misères, si nous-mêmes conservons en notre coeur quelque rancoeur cachée envers l’un ou l’autre de nos frères ? Jésus nous avertit avec solennité : « si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos manquements. Alors osons le pardon, et en plus il est libérateur. Au cours des jours, nous avons tant d’occasions de nous meurtrir, de nous blesser ! Et le pardon, n’est-il pas souvent aussi difficile à donner qu’à demander ? Sollicitons l’aide de l »Esprit-Saint afin qu’il nous éclaire et nous conduise de sa force bienfaisante dans nos démarches de pardon, demandé et reçu ou donné. La deuxième condition pour recevoir cette libération de notre péché et accéder à la gloire et à la joie de la résurrection, c’est le jeûne qui seul peut nous libérer des diverses tyrannies qui nous enchaînent ou nous oppriment. Il nous faut prendre garde de nous attacher plus à la lettre qu’à l’esprit. Nous savons bien ce qui nous coûte ou non, ce à quoi nous devons renoncer pour dominer nos passions et surtout pour manifester notre amour à notre Père qui aime tendrement ses enfants et leur manifeste abondamment sa miséricorde. C’est dans la prière et sous les conseils de note père spirituel que nous déterminerons la nature de notre jeûne. Mais écoutons cette recommandation de Jésus que notre jeûne soit seulement connu de notre Père qui voit dans le secret !
Cependant il y a un moteur à ces deux composantes de notre conversion – à la fois préalable et aboutissement, c’est la prière. Prière sans laquelle tous nos efforts seraient vains. Prière accomplie dans le secret, loin des yeux du monde. Et pour vivre ce coeur à coeur avec le Père, Jésus nous conseille de nous retirer dans notre chambre où Dieu, qui voit dans le secret, nous rejoint.
En ce temps de carême deux « instruments « merveilleux nous sont proposés : la prière de Jésus, la prière de Saint Ephrem. Nous pouvons les utiliser sans modération !